La maladie photographiée: le cas du sida.

Le nom de Nan Goldin est évoqué dans l’article médical et scientifique: « Maladie et images de la maladie 1790-1990 » paru dans les cahiers de la Villa Gillet en 1997 et hébergé par le portail de revues Persée. Ce dernier concerne la représentation de la maladie du Sida dans l’oeuvre de plusieurs artistes. L’auteur, Antoine de Baecque est historien de la littérature, critique de cinéma et de théâtre et éditeur. Il explique cette monté en puissance des interrogations de la part des artistes vis à vis de cette réalité: ils visent à l’identifier et à la décrire pour en donner une image concrète. L’objectif en représentant la maladie du Sida est de montrer une réalité physique et morale, notamment avec l’étude de leur rapport à la société: la manière dont ils sont perçus par les autres par exemple. Il explique que le fait de parler de la maladie constitue un moyen de défense pour les malades par rapport à cette même société.

Pour répondre à cette problématique l’auteur met en relation deux publications.

Le nom de Nan Goldin apparaît uniquement dans la première publication. C’est un colloque, « maladie et images de la maladie », organisé en Avril 1995, sous la direction scientifique de Jean-Philippe Antoine, Jean-Claude Beaune et Odile Marcel au Musée d’Art Moderne de Saint Etienne. Celui-ci « oriente davantage ses regards sur les réponses esthétiques aux défis de la souffrance ». L’auteur qui se penche de plus près sur le mode de représentation mis en place par Nan Goldin est Larys Frogier, historien de l’art, commissaire d’exposition et critique d’art. Il est également chercheur depuis 2010 à Paris au sein de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.

Nan Goldin - Cookie laughing - NYC - 1985

Dans cette vidéo sur l’oeuvre de Nan Goldin, hebergée sur le site de vidéo Dailymotion, la photographe en personne évoque à plusieurs reprises la maladie du sida. Ce fut très important dans son oeuvre puisqu’elle a touché une très grande partie de ses proches.

Elle montre une série, qui concerne une de ses meilleures amies: Cookie.

Elle explique son parcours: elle était bi-sexuelle, très belle et très appréciée, « diva et superstar de toute la famille ». Elle eut une relation avec une femme puis ensuite rencontra Vittorio Scarpati, un artiste italien. Tous deux étaient séropositifs. Nan Goldin photographia leur descente aux enfers: une première photographie de Vittorio dans son cercueil est prise lors de son enterrement. Puis une seconde, toujours avec le même cadrage mais avec l’apparition en plus de Cookie. Nan Goldin évoque la douleur ressentie par Cookie, douleur clairement visible sur les photographies qui suivent. Tant une douleur physique: elle perd sa voix et est affaiblie par la maladie, qu’une douleur psychologique: elle vient de perdre l’homme qu’elle aimait. Elle se laissa mourir ensuite.

L’artiste photographie à travers cette série les ravages de la maladie et nous livre des personnes aux visages détruits.

Nan Goldin - Cookie at Vittorio's casket - 1989

La série de photographie sur Cookie dont il est question auparavant est mise en avant dans l’article rédigé par Florence Cheval, critique d’art et journaliste, à propose de la rétrospective « Nan Goldin, Le feu follet » au Centre George Pompidou. L’auteure explique dans le huitième paragraphe que « The Cookie portfolio » présente une série de photographies montrant le « déclin progressif » de Cookie à cause de la maladie du sida.

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