Du coté du photographié

« Ça a quelque chose de froid, de rude. » […] Je pense que ça fait mal d’être photographié, un peu.. »

Cette citation de Diane Arbus tirée de l’article Universalis sus-cité revient sur le double aspect de la violence et de la douleur en photographie:  la douleur du modèle face à l’acte de se faire prendre en photo, et la douleur du spectateur face au résultat. Ce second aspect est développé plus amplement dans l’article intitulé « Le spectateur face à l’image: le choc« .

L’émission de l’atelier de la création sur France Culture, « Diane Arbus le diable au corps » traite à plusieurs reprises de la question du rapport entre Diane Arbus et son sujet. Elle est animée par Amaury Chardeau et Nathalie Battus, mixée par Jean-Baptiste Etchepareborde et réalisée le 22 Décembre 2011. Plusieurs spécialistes de Diane Arbus y participent (voir la liste sur Délicious).Des témoignages de la part des personnages photographiés nous permettent de mieux comprendre la situation dans laquelle ils se trouvent face à l’objectif de l’appareil photo et d’avoir un aperçu de ce qu’ils ressentent, en particulier concernant le sentiment de douleur.

Diane Arbus - Norman Mailer at home, Brooklyn, N.Y. - 1963

Il y a un témoignage marquant de Norman Mailer, écrivain et réalisateur Américain qui dit que

« donner un appareil photo à Diane arbus c’est comme mettre une grenade dégoupillé dans les mains d’un enfant. »

Ce commentaire concerne la photographie ou il est assis dans un fauteuil avec les jambes écartées. Il n’était absolument pas satisfait de cette dernière.

Il est expliqué dans l’émission, justement par rapport à cette photographie que Nan Goldin représentait « quelque chose de cruel quand les sujets étaient en quelque sorte supérieurs » d’où cette réaction de la part de l’écrivain.

Diane Arbus - Jewish Giant, taken at Home with His Parents in the Bronx, New York - 1970

On apprend également que Diane Arbus assimilait son appareil photo à « un passeport », elle voulait et faisait en sorte que les sujets l’emmène chez eux: c’est la cas par exemple du « Géant Juif » qui vit encore chez ses parents. Ce témoignage provient des archives de Diane Arbus: elle dit de lui qu’ « il est tragique avec son esprit curieux, amer et un peu stupide » Elle évoque la douleur des parents, qui sont également pris en photo : « les parents sont orthodoxes (…) et ils désapprouvent sa carrière de phénomène de foire ». La photographie très célèbre où le géant se trouve en compagnie de ses parents fait parti d’un série. Elle se détache du lot parce que, contrairement aux autres,

« il se détache de ses parents, se met de profil et les regarde. Sa mère dans sa robe à fleur entièrement énamourée, bouleversée par ce géant qui est l’enfant qu’elle a enfanté. »

Le géant, une fois capturé par l’appareil photographique de Diane Arbus devient un « personnage légendaire ».

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